GSEF 2016 : démocratie au travail

Lundi, 12 Septembre 2016

Au Forum mondial de l'économie sociale, Pantxoa, Fabio, Mariella et Justine, étudiant-e-s à HEC-Liège, ont rencontré différents acteur/trice/s internationaux afin de discuter des processus démocratiques de décision en vigueur au sein des entreprises et plus particulièrement du rôle des syndicats dans les entreprises sociales.

À croire que Montréal était bien au courant de notre arrivée. Au-delà de notre amour mutuel pour les frites, les bières belges et un climat (parfois) capricieux, le tutoiement généralisé et la multi-culturalité de la ville nous ont de suite mis à l’aise. Nous avons rapidement ajusté nos oreilles à l’accent local et au vocabulaire légèrement différent, et c’est dans ce décor accueillant que nous avons franchi les portes du Forum mondial de l'économie sociale (GSEF 2016).

Pour nous, étudiant-e-s, les objectifs de ce séjour étaient multiples : rencontrer des acteur/trice/s liés à l’économie sociale ; étendre nos connaissances sur les initiatives collectives internationales ; utiliser notre savoir pour décrypter les pratiques dans ce « 3ème secteur » ; et, enfin, collecter des informations pour répondre à la problématique liée au rôle des syndicats dans l’entreprise sociale, identifiée sur le territoire wallon. Et c’est essentiellement ce dernier volet qui nous a conduit-e-s à organiser des discussions privilégiées avec différentes parties prenantes. Nous avons notamment eu l’occasion de rencontrer une délégation japonaise et une conseillère syndicale canadienne qui nous ont apporté de précieuses informations.

En Belgique, la loi oblige les entreprises dépassant un certain nombre de salarié-e-s à élire un-e délégué-e syndical-e qui aura pour rôle de représenter l’ensemble du personnel. Or, les entreprises participatives reposent sur un fonctionnement en démocratie directe où chaque membre peut participer au processus décisionnel, en respectant le précepte « une personne = une voix ». Ces entreprises, dans une démarche de formation à la citoyenneté, apprennent à leurs travailleur/euse/s à se forger une opinion personnelle, à l’exprimer et à la défendre. Ainsi, le rôle de représentativité du personnel, requis par le système syndical belge, s’oppose au mode de gouvernance des entreprises participatives.

Nous sommes donc parti-e-s en quête de pistes pour une nouvelle définition du rôle des syndicats dans les entreprises participatives. Nous avons notamment appris qu’au Québec la présence des syndicats dans l’entreprise n’était pas imposée légalement mais décidée par le personnel lui-même. De plus, la définition du rôle des syndicats est co-créée entre les travailleur/euse/s et le syndicat, puisque les conventions collectives sont propres à chaque entreprise et non sectorielles comme c’est le cas en Belgique. Ainsi, s’il est évident qu'on ne pourra pas transposer le modèle québécois en Belgique, il reste une grande source d’inspiration et alimentera certainement la réflexion en cours en Wallonie.

Quoi qu’il en soit, nous avons été très agréablement surpris-e-s de la disponibilité des participant-e-s au Forum… Ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion de réunir autour de notre table des journalistes, des entrepreneur/euse/s sociaux/ales, des responsables politiques et des chercheur/euse/s. Il se peut que cette proximité soit liée à l’économie sociale et sa croyance en une intelligence collective, et cela nous donne un avant goût de nos prochaines expériences professionnelles. Au final, nous aurons bien rempli nos bagages, au sens propre comme au sens figuré : il ne nous reste plus qu’à ramener tout cela en Belgique ! 

Pantxoa, Fabio, Mariella et Justine - Étudiant-e-s HEC-Liège